On nous pose la question de plus en plus souvent. En conférence, en brief client, parfois directement sur le plateau.
« Vous utilisez l’IA ? »
La réponse courte : oui. La réponse complète est plus nuancée.
Ce qu’on fait avec l’IA
L’IA est entrée dans notre workflow de production depuis 2023. Pas comme une révolution. Comme un outil de plus, très puissant, qui a ses propres règles d’utilisation.
Extension de plans. Quand on tourne dans les vignes de Saint-Émilion et qu’il manque 2 secondes sur un plan de ciel, l’IA génère cette extension de façon imperceptible. Personne ne remarque. Le film est intact.
Clonage vocal. Pour les versions internationales d’un film corporate (anglais, espagnol, mandarin), plutôt que de faire revenir le dirigeant qui avait tourné la version française, on peut cloner sa voix, avec son accord explicite. La voix reste la sienne. L’accent est adapté.
Séquences d’ambiance génératives. Pour des films créatifs purement exploratoires, on utilise des modèles génératifs fine-tunés en local pour produire des séquences de maquettage. C’est une aide à la décision créative, pas un produit fini.
Ce qu’on refuse de faire avec l’IA
La liste est aussi importante que la précédente.
Remplacer les vraies personnes par des avatars. On a reçu des briefs qui demandaient de « générer des collaborateurs heureux » pour un film marque employeur. On a refusé. Un film où les personnes n’existent pas est un mensonge. Et ça se voit.
Produire des volumes de contenu sans direction artistique. L’IA peut générer 50 vidéos en une nuit. Ce n’est pas ce que nos clients achètent. Ils achètent un regard. Une intention. Une cohérence. Ces trois choses ne s’automatisent pas.
Utiliser l’IA à l’insu du client. Tout usage d’IA dans nos productions est documenté et partagé avec le client. Ce n’est pas une obligation légale (pas encore). C’est une obligation de transparence.
Deepfakes sans consentement explicite. Cloner la voix ou l’image d’une personne sans son accord est une ligne rouge absolue. Peu importe le budget, peu importe l’urgence.
Pourquoi la frontière est là
Voici comment on la définit : l’IA est un outil au service de la vision humaine. Elle fait gagner du temps et elle aide, mais elle ne remplace ni la direction artistique, ni le casting, ni la lumière, ni l’émotion.
Un film produit à 90% par IA et supervisé par un humain n’est pas équivalent à un film produit par des humains avec une assistance IA de 10%. La différence n’est pas technique. Elle est dans ce qu’il reste de vivant à l’écran.
On croit que le spectateur le ressent. Même inconsciemment.
Le futur qu’on voit
Dans 5 ans, tous les studios de production utiliseront l’IA de façon intensive. La question ne sera plus « est-ce que vous utilisez l’IA ? » mais « comment vous l’utilisez ? »
Les studios qui tiendront, à mon avis, ce sont ceux qui auront gardé une identité artistique claire, et qui auront utilisé l’IA pour la pousser plus loin, jamais pour la remplacer.
Chez SIGNS, on prépare ce futur depuis 2023. On développe nos propres workflows en local, on forme nos équipes, on refuse les raccourcis. Parce qu’une maison de luxe qui nous confie son film s’attend à un regard de réalisateur. Pas à un output de modèle.
Questions fréquentes
L'IA peut-elle remplacer une agence vidéo ?
Non, l'IA ne remplace pas une agence vidéo : elle accélère et complète le travail, mais ne fournit ni direction artistique, ni casting, ni lumière, ni émotion. L'IA peut générer 50 vidéos en une nuit ; ce que les clients achètent, c'est un regard, une intention et une cohérence, trois choses qui ne s'automatisent pas. SIGNS Films intègre l'IA dans son workflow depuis 2023 (extension de plans, clonage vocal, maquettes) en gardant le tournage au centre de chaque film.
Peut-on mixer vidéo tournée et vidéo IA dans un même projet ?
Oui, mixer vidéo tournée et vidéo IA dans un même projet est possible, et c'est même la pratique la plus courante : l'IA intervient là où elle reste invisible, le tournage porte l'incarnation humaine. SIGNS Films utilise l'extension de plans pour rallonger de deux secondes un ciel filmé à Saint-Émilion, ou intègre jusqu'à environ 30 % d'images générées dans un film luxe sans que cela se voie. Une campagne 100 % IA reste un choix à part, comme pour FULLCUT.
Faut-il indiquer qu'une vidéo est générée par IA avant de la publier ?
Oui, indiquer qu'une vidéo est générée par IA avant sa publication est recommandé, et la réglementation européenne (AI Act) impose un marquage des contenus synthétiques, notamment pour les images ou voix réalistes de personnes. Au-delà de l'obligation, la transparence protège la confiance du public et du client. SIGNS Films documente tout usage d'IA et le partage avec le client, y compris pour une retouche invisible comme une extension de plan, et exige un accord explicite avant tout clonage de voix.
Peut-on utiliser un avatar IA pour un témoignage client ?
Non, un avatar IA ne doit pas remplacer un vrai témoignage client : un témoignage vaut par la personne réelle qui l'incarne, et un film où les gens n'existent pas est un mensonge que le spectateur finit par ressentir. SIGNS Films a déjà refusé un brief demandant de « générer des collaborateurs heureux » pour un film marque employeur. L'IA peut en revanche servir la version internationale d'un témoignage réel, par clonage vocal avec accord explicite, jamais pour créer un intervenant fictif.